Galerie SOL 11, Rue Guénégaud, 75006 Paris

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Le dessin est la base de tout mode d’expression. Esquisse ou aboutissement, il est la colonne vertébrale de l’œuvre. Et pas seulement pour les tenants de la figure, les abstraits également cultivent ses appuis. Et si en Extrême-Orient l’écrit et le trait ont les mêmes desseins, en Occident il n’y a pas non plus de différence entre les deux disciplines. « Ecrire et dessiner sont identiques en leur fond » soulignait Klee. Certains utilisent le dessin à la manière d’un exercice préparatoire ou comme valeur ajoutée, quand d’autres en font l’axe de leur syntaxe, en perpétuant son autonomie et son orthodoxie.

C’est le cas de Dong Yidian, qui a choisi exclusivement le fusain pour exprimer la spécificité de son rapport au monde. Il est de ces romantiques qui n’ont cessé de croire aux diverses vertus du fusain et en ses capacités d’incarnation, en lui conférant de nouvelles perspectives. Ainsi, relativement à son ami He Jianning, excellent peintre gestuel, auteur d’un expressionnisme sonore vivement coloré, il se tient à l’opposé pour sa technique et l’éloquence de ses silences, mais il le rejoint dans son tourment intérieur, avec en surplomb une fantasmagorie qui porte au songe.

A partir de son style sobre et fouillé par une sténographie piquetée parfois brouillée, peuplée d’ombres et de lumières tamisées, il s’est constitué une mythologie très personnelle. S’y mêlent des femmes indistinctes aux faciès énigmatiques, des silhouettes anthropomorphes, des visages ahuris, des regards perdus, des masques hilares, des groupes humains non identifiables, des nus, des volatiles, des amants, des étreintes, des portraits à consonnance primitive, barrés de signes, quelques natures mortes, mais pas de paysages, seulement leur lointaine suggestion… autant de représentations allégoriques plus que narratives, tantôt ludiques, tantôt crispées, saisies dans leur élan premier.

L’ensemble est plongé dans une pénombre inquiétante, accentuée par les passages resserrés du charbon, que Dong maîtrise avec une autorité gourmande, et qui ont parfois l’allure d’images kafkaïennes. Néanmoins, on ne décèle pas ici de désespérance, plutôt une certaine gravité, généralement diluée dans la cocasserie des saynètes, marquées par la fraîcheur d’intervention de l’artiste. Et il fait parallèlement appel à sa mémoire, pour restituer des bribes d’histoires, de menus événements, des attitudes insolites, en nous entraînant dans sa rêverie ininterrompue, sans jamais céder à l’illustration.

Cette prédisposition à rapporter des historiettes, relèverait de très anciennes traditions issues de son île originelle, Hainan, « le bout de la Terre », selon Martin Russel, où la légende toujours colportée, commente la fascination pour le tout puissant tigre d’eau dans l’astrologie chinoise, dont la célébration coïncide avec l’année de naissance de Dong, et qui laisserait en héritage des traces créatrices à exploiter. Ces influences aux franges du réel se retrouvent en filigrane dans son iconographie, qui continue de nous apostropher à travers ses récits tronqués. En phase directe avec son arrière conscience, ce sont plutôt des fragments de fables accolés parfois bout à bout, à l’instar des vignettes de ses montages impulsés par son imaginaire, qui conservent dans leurs configurations les émerveillements de l’enfance.

Toutefois, une des voies qu’il a aussi expérimentées, est son engagement pédagogique et sa carrière d’enseignant à l’Académie des Beaux-Arts de Guangzhou, où il fidélise nombre de disciples. Sa réputation bien établie, le conduit ensuite à être intronisé vice-président de l’Association nationale des artistes du Hainan. Ce faisant, il peaufine sa sémantique en noir et blanc, la décante ou la surcharge volontairement, afin de rendre plus efficace le choc visuel de ses images griffées, ourlées de biffures, dont les personnages oniriques, tête bêche, gesticulant ou contorsionnés, voire les animaux aux becs fourchus, semblent être des transfuges de la Commedia dell’arte. Les nuances de la mine se suffisent à elles-mêmes. Ses modulations oscillent, suivant les sujets, à l’intérieur d’une gamme à la fois légère et condensée. Le fusain allège sa percussion ou devient charbonneux, la touche précise sans insister. Les valeurs confrontées, crayeuses ou sourdes, effilochées ou interstitielles, moirées ou stratifiées, tranquilles ou distordues, gagnent leur juste place avec l’instinct requis, et n’outragent jamais une réalité mouvante, qui revendique ses liens avec la ressemblance.

Homme de culture bienveillant, à la forte personnalité, Dong Yidian continue d’arpenter avec détermination et la même spiritualité les territoires qu’il s’est créés. Adossé à la transhumance concertée de ses fusains et à la souplesse de son geste précis et nerveux, il canalise son énergie pour délivrer la quintessence de ses motifs. Des nuits d’automne aux journées estivales, des portraits aux amoureux, des tempêtes de sable aux scènes animalières, c’est le semblable ballet de figures nocturnes, qui donne corps et sens à son œuvre étrange et familière.

Gérard Xuriguera

绘画是所有表达方式的基础, 素描则是用于表现一个作品的支柱。具体和抽象的形象都构成相应的支撑环节。如果说在东方写作与绘画的意图是一致的,那么在西方这二者之间同样也没有区别。 Klee强调:写作和绘画在本质上是一致的。 有些人用一种预演的方式或者说蕴含附加值的方式来画画,而另一些人则强调整体性,使其自主性和正统性延续下去。

董一点就是属于后者,他专门选择用炭笔画来表达他与世界关系的特殊性。 他是浪漫主义者中的一员,他始终相信炭笔画的各种好处以及它的各种表现技巧,都能赋予他新的视角。 因此,与他的朋友何坚宁(一位出色的表现主义的油画家)相比,他却坚持的技巧和沉默的表现手法形成鲜明对比,此外,他还善于在动荡的内在世界里理融入一种梦想的幻影。

他以一种简洁的风格穿插小斑点或混乱的景象或充满阴影或暗淡的灯光形成了其特有的神秘感。其中还混合着表情神秘的、与众不同的女人、拟人剪影、迷茫的面孔、迷失的眼神、好玩的面具,无法辨认的人群、裸体、家禽、恋人、拥抱、色调一致的肖像、斜条纹、静物;作者通过这些元素隐晦地暗示着某种思想,但是没有选择用具体的风景来展现……许多寓言性的表现不仅仅是叙述性的,时而充满趣味,时而充满紧张感,一切都可以从最初的奔放风格中感受到。

整个作品集中在令人不安的暮光之中,而摆放煤炭的狭窄通道则加剧了这种不安感。董一点很擅长这种表现手法,有时候带有卡夫卡式风格。尽管如此,在这里无法察觉到绝望,相反地,可以感受到的是一种被滑稽的草图冲淡的严肃氛围,特别是艺术家独特的干预方式让人印象深刻。与此同时,艺术家通过作品号召大家去保护历史遗迹、铭记细微的事件、保持某种奇特的态度,总之,他将我们带入他不间断地幻想中,却又不具体阐明。

董一点的这种表现故事的手法与其成长的岛屿─海南有很大的关系。英国艺术家马丁·罗素曾说过,海南岛是“地球的尽头”,岛上有古老的传统,其中还蕴含着美丽的传说,比如中国占星术里的强大的水虎。此外,这里留下了很多待开采的遗迹, 而占星术的庆祝活动与董一点的出生年份相吻合。这些真实的影响可以在他的画集的水印上找到痕迹。通过断断续续的叙述,作者不停地向我们发问。至于直接意识阶段,他所展现的是时而连贯,时而拼凑的寓言故事片段,正如被想象力冲击的蒙太奇的缩略图,正是这些缩略图影射了他童年时候的各种经历。

 然而,他的教学经历和在广州艺术学院的执教生涯也构成影响其创作风格的因素之一。此外,他在广州的经历让他收获了一大批追随者。而后,良好的名声使得他成为海南艺术协会副会长。在这期间,他磨炼了黑白绘画技巧,故意弱化或强化黑白色彩让其作品的冲击力更为直观。 删划的杠子、梦幻般的人物、对倒结构、复杂的手势、扭曲的肢体、张开嘴巴的动物都像是艺术喜剧的背叛者。面部细微的差异已经足矣,但是他又根据不同主题在内部做出的轻微而集中的调整。炭笔画减轻了相应的反响力或者说其颜色的视觉震撼力更强大,没有特地强调精确笔触。互相对峙的元素,鲜明或深沉、松散或紧密、波纹状或叠层状、安静或扭曲的,本能地各得其位,强调相似的关系,却从未违背不断变化的现实。

董一点,一个善良而具有强烈个性的艺术家,继续坚决地在他所开垦的精神领土上进行创作。通过炭笔画的协调转化以及精确而紧张的灵活姿态,他将自己的精力集中在画面的精髓上。从秋夜到夏日,从肖像到恋人,从沙尘暴到动物场景,这一切就像夜间人物芭蕾舞团为他陌生又熟悉的作品提供躯干和意义。

杰拉德·休迪盖拉